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Pourquoi doit on se mettre en colère pour qu’on nous écoute !!!!

Nan mais sérieusement je me pose la question !!

Il se trouve que j’ai une jeune dont la situation familiale à l’air d’être floue et complexe. Cela fait 4 ans qu’elle est dans l’établissement, 4 ans que l’on soulève le soucis à chaque synthèse et que personne ne réagit. 2 ans que je la prends en charge, il a fallu du temps pour poser le cadre et qu’elle m’offre sa confiance, mais la situation familiale m’interpellait de plus en plus. J’ai d’abord demandé une réunion avec le pôle thérapeutique en expliquant la situation et essayant de regrouper tout ce que l’on savait pour présenter une situation cohérente en synthèse. De plus, j’ai proposé diverses solutions en fonction des potentielles situations qui pouvaient avoir lieu. Jusque là, nous étions tous d’accord.

Et là en synthèse, rien ne va plus, faites vos jeux. Tout le monde s’emballe alors que je ne fais que rapporter les conclusions d’analyse du pôle thérapeutique, et avance des propositions pour mettre en place quelque chose autre qu’éducatif avec la famille, reconnaissant publiquement mes limites face à elle, qui me fuit et fait tout pour contredire ce que l’éducateur avance. Comme tout le monde s’emballe, j’ai fini par hausser le ton, parce qu’au final, la gosse, c’est elle qui morfle et chacun avait son mot à dire, mais dans son coin, personne ne s’écoutait. J’ai du crier pour terminer mon propos et que tout le monde approuve au final « oui c’est comme ça qu’il faut s’y prendre ».

Finalement, après ce petit coup de gueule qui en a surpris plus d’un puisque beaucoup m’ont demandé le lendemain si « j’allais mieux » (comme quoi je suis loin d’être belliqueuse), certaines choses se mettent déjà en place, ce qui me conforte dans le fait qu’il fallait que je passe le relais vis à vis de la famille.

Mais ne voilà t il pas qu’une semaine après, une collègue, qui n’est même pas du pôle éducatif, elle est infirmière, vient me faire la leçon devant les enfants, la jeune concernée en prime, mais pas en mode « je n’ai pas compris ta réaction, tu crois qu’on peut en parler en privé », plutôt en mode « tu fais n’importe quoi, tu as pas arrêté de descendre la famille tu m’a gavée tu racontes n’importe quoi etc » comme si javais 5 ans et qu’elle avait des choses à m’apprendre. Etant professionnelle, j’ai gardé mon sang froid alors qu’elle s’énervait toute seule, les enfants la regardaient avec méfiance (elle est loin d’être réputée pour sa bienveillance), et j’ai fini par lui dire « allez c’est ça je t’ai gavé salut » et fermé la porte de mon groupe. Elle est parti et j’ai contenu ma colère bouillonnante comme je le pouvais, jusqu’à ce que j’envoie les gosses à table et que je craque 5 minutes en laissant les larmes couler. 2 collègues sont venus me voir, dont un avec qui je suis heuuuu particulièrement proche on va dire (ce n’est plus un secret pour les adultes, ils savent que nous sommes ensembles). J’explique comme je peux la situation, et ils m’ont calmée, et rappelé que j’avais fait les choix qui étaient justes.
Ma colère passée, je suis allée au bureau de l’infirmière, qui comme d’habitude était encore en train de hurler sur les enfants, et je lui ai dit d’un ton extrêmement calme « ne viens plus m’adresser la parole ». Je suis ensuite partie, ne voulant pas déclencher une nouvelle esclandre devant les jeunes, ce que je trouve complètement anti professionnel.

Elle a entendu le message, mais nous sommes obligés par la force des choses de communiquer, puisque j’ai sur mon groupe 2 enfants diabétiques insulino dépendants. J’ai sauvé la mise plusieurs fois à cette infirmière alors que ce n’est absolument pas mon rôle. Mais j’ai aussi pris la décision, en disant que je refusais d’avoir quelconque contact, de repasser derrière elle pour voir si elle a bien fait les choses. J’aurais du puisque l’après midi même, j’étais en sortie, elle a oublié de me fournir un appareil de mesure de glycémie. Ce qui m’amuse c’est que j’ai du faire ce travail une centaine de fois avec les enfant parce que parfois elle « n’avait pas que ça à faire », et que jamais les jeunes ont oublié quoi que ce soit. En revanche si elle oublie quelque chose, ou s’il y a un imprévu, ce n’est jamais de sa faute. Parfois de la mienne, mais souvent celle des enfants qui ne font aucuns efforts.

Etant DP, beaucoup de personnes sont venues se plaindre de son comportement. Un collègue a failli en venir aux mains avec elle. Et je continuais à dire « mais je sais qu’elle a bon fond ». Qu’est ce que je me suis plantée … connaissant ma relation avec mon collègue, elle s’est servie de cela et a modifié des propos en les sortant d’un contexte pour me porter préjudice à moi et à lui. Je ne suis pas censée le savoir, car bien sûr, elle a la loyauté du cobra … dire qu’elle est venue il y a à peine un an à l’enterrement de mon papa … je ne sais pas ce qu’elle est venue chercher. Mais il est clair que la limite entre professionnalisme et personnel, elle ne l’a pas comprise

J’attends la rentrée, j’ai enchainé les problèmes de santé pendant la période après noël, une vraie cata. Mais cette fois ci, elle va en prendre pour son grade, faits avérés, datés, et je sais que l’équipe est derrière moi. D’autant que les décisions que nous avons pries en synthèses semblent être sur la bonne voie.

Là où je veux en venir c’est que pour me faire entendre, il va encore falloir que je m’énerve et ça me rend dingue. Je ne comprends pas pourquoi nous devons toujours hausser le ton, se montrer désagréable pour se faire entendre par ce genre de personne. N’y a t il vraiment aucun autre moyen de communication que de se hurler dessus ? Parce que je vais donner un sacré coup dans la fourmilière, et je ne vais pas me gêner pour essayer de la pousser à la démission : non seulement elle m’a humilié alors que j’avais fait ce qu’il fallait, mais en plus de cela, elle a utilisé des faits de ma vie personnelle pour m’atteindre, me blesser et blesser mon compagnon. Y’a t il un mot à part « connasse » pour la décrire ? Vous voyez, tout de suite, je tombe dans la colère et la vulgarité, et c’est toujours comme cela. Je suis dans une colère noire, que je garde en moi, j’ai déjà rédigé mon joli rapport d’incident, Madame va tomber de très très haut. D’autant que j’ai beaucoup de choses à charge contre elle, notamment le fait qu’elle a totalement traumatisée une jeune vis à vis de la gestion de son diabète. Cette jeune m’a dit « l’infirmière me dit que je fais exprès mais des fois vraiment je ne comprends pas, alors elle crie, elle crie et elle crie ». Ca je le sais, je l’ai vu et j’ai même fait tiers des dizaines de fois. Bizarrement, quand c’est moi qui prend le relais, tout se passe très bien, et il n’y a pas de blocage.

Alors voilà ma question est simple : connaissez vous ce genre d’individus ? Avez vous trouvé des moyens de communiquer sans tomber dans de l’agressivité ? Faut il toujours se mettre en colère pour que l’on nous écoute ?

23 février, 2018 à 1:52


2 Commentaires pour “Pourquoi doit on se mettre en colère pour qu’on nous écoute !!!!”


  1. Claire écrit:

    Salut Eiwhaz,avec ce genre d’individus, je crois qu’on ne peut que combattre à armes inégales, je crois que ce que lui renvoie les qualités d’un Autre lui est insupportable. On peut sans doute imaginer que ce type de personne souffre intérieurement, que c’est ce qui motive sa « mal veillance » (mmh pourquoi pas). Donc mis à part tenter de la neutraliser avec un rapport d’incident comme tu l’as fait, il reste des bouquins comme « Gérer les ingérables » de Jean-Edouard Grésy par ex mais après ? Dans mon expérience, à tes 3 questions, mes réponses sont, dans l’ordre : oui, non, oui si la colère est froide et maitrisée (parce qu’après sinon on te traite d’ hystérique quoi !)mais la colère froide sans négociation possible sur les faits, ça c’est entendu et respecté. Pas sûre d’être soutenante dans mon commentaire mais ce dont je suis sûre c’est que parfois il faut être sans pitié pour protéger des personnes vulnérables de ce genre d’individus. Où en es-tu aujourd’hui de cette situation d’ailleurs, as tu trouvé des ressources ?

  2. eiwhaz écrit:

    Bonjour !
    Merci pour la réponse et les conseils … j’ai du poser une note d’incident et nous avons toutes les deux été convoquées officiellement pour régler l’affaire : moi pour raconter les faits calmement et faire en sorte de mettre un point final à cette histoire, et elle parce qu’elle avait, d’après mes propos, manqué de professionnalisme et qu’il fallait qu’elle donne son point de vue, mais aussi et surtout parce qu’en 7 mois, le directeur avait déjà reçu 5 personnes qui se plaignaient de son comportement.
    le résultat a été qu’on m’a dit qu’elle « était comme ça et qu’il fallait faire avec ». Super.
    Elle m’a lancé beaucoup de piques dans les mois qui ont suivis, piques auxquelles je n’ai pas prêté attention. En revanche, plus jamais elle ne m’a parlé ni traité de cette façon. C’est terrible de devoir en arriver à se plaindre et poser un rapport de comportement pour qu’un collègue tente de garder sa langue de vipère dans sa poche.
    Je sais, je ne suis pas sympa dans mes propos, mais elle a fait beaucoup de dégâts dans l’équipe. Les 2 petites qui ont un diabète on changé de groupe (après 3 ans de bons et loyaux services, j’ai demandé à ne plus avoir à gérer cette maladie au quotidien …)
    Le bouquin que tu me conseilles m’intéresse grandement, j’essayerai de zyeuter dessus, d’autant qu’après environ 11 ans de carrière, j’ai eu différents types d’ingérables, et j’aime avoir des réponses à mes pourquoi et mes comment.


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