Oui, mais … Spécialisée en quoi ?

AUTISME

Pourquoi ? C’est tombé sur moi. Pris de panique, je crie, je hurle, et … je tombe. Je tombe aspiré par ce vide immense provoqué par l’absence de défenses qui pourraient panser mes blessures si denses.

Car oui, j’ai mal. J’ai mal de moi. Et j’ai mal de toi. Oui toi là qui me regarde avec ces yeux tristes … et bien quoi ? Je suis comme tout le monde non ? … non hein ?
Les enfants de la lune qu’ils disaient. Tu parles, la lune, j’y suis souvent. Enfin d’après toi surtout. Je suis partout si je t’écoutes. Dans la lune. A l’Ouest. A côté de mes pompes. Dans les choux. Dans mes pensées. Enfin … je te vois ricaner parfois quand tu dis pensées. Imaginant sans doutes que mon esprit, détruit, n’est pas fait pour penser. Mais qu’est ce que tu en sais toi ? Je suis juste différent? Maiss jamais mon Moi ne te mens, et tu verras souvent mon insconscient frapper à ta porte avant de te porter ce coup au coeur. Et quel coup. Si fort que ta raison se tord. au point de parler de moi, tandis que je suis là, mais que tu crois que personne ne me voit.

On me dit coquille. Remplie mais si fragile. Pleine … mais pleine de quoi ? De cris, de douleur, de rires et de fabulations. Pleine d’imagination. Ma réalité a tout d’une étrangeté elle est tant déformée que jamais tu ne pourras l’attraper. Je suis autre. Je suis l’altérité. Mais moi au moins, je fais ce que je veux. J’agis. Même si ce n’est jamais ce que tu veux, même si c’est rarement bien. A vrai dire, moi même je n’y comprends plus rien : « Grandis. Tiens toi bien. Parle. On dirait un bébé. Calme toi. Tais toi. Arrête. Tu te prends pour le chef ? Pourquoi tu fais ça ? ».
Oui c’est vrai, pourquoi … T’es un peu con parfois tu sais. C’est si facile de comprendre, je veux juste te montre que j’existe. Parce que pour toi, pour vous tous, je suis … mais je ne suis jamais vraiment là.

Abimées. abimées mes pensées. plongées dans ces abîmes. Abime mon coeur qui parfois ne t’atteint pas. Abimée mon âme parce qu’avec l’écho de la tienne, jamais elle ne raisonne. Abimé mon esprit guidé par l’insctinct plus que par la raison. Parce que la raison c’est toi. Et ce que je dois faire c’est écouter tes oraisons. Sans raisons. Sans raisons autres que parce qu’ainsi tu l’as décidé. Tu as décrété que mon âme était décédé.

Alors pourquoi  moi ? Je le vois bien que tu me tends la main. Je l’attrape. Je la prends. Mais … en fait j’ai toujours rien pigé …

 

Ce texte est bien de moi, écrit un soir, alors que j’essayais de penser à ce que pouvais ressentir un enfant autiste parfois, face à tout ce que nous TRAVAILLEURS SOCIAUX (plus de jalours ES ME AMP EJE et j’en passe), faisons pour eux. Ne manquons nous pas parfois d’humanité ?

12 février, 2017 à 22:37


4 Commentaires pour “AUTISME”


  1. Nat écrit:

    aaaah quand je vois tes textes, ça me donne envie d’être éduc…mais que la formation est dure…

  2. Eiwhaz écrit:

    Voilà un bien joli commentaire … sache que la formation n’est pas insurmontable et sache aussi que parfois des institutions embauchent sans diplôme. Ce qui compte c’est notre bon sens notre bienveillance et notre empathie … ne reste pas sur un mauvais à priori.

  3. Gwendoooline écrit:

    Bravo, ton texte est magnifique!
    Je travaille en tant qu’ES avec des enfants souffrant du spectre autistique du coup ton texte m’est tres parlant ….

  4. Eiwhaz écrit:

    MERCI. Mine de rien ce texte j’ai mis du temps à le peaufiner. L’écriture brute est une chose, mais après j’ai tout repris, dans le bon prdre et rajouter un côté très littéraire, avec des figures de styles pour accentuer le contraste entre nous autres dits « ordinaires » et une forme d’autisme. Et en le corrigeant je me suis rendue compte qu’on ne faisait pas toujours attention à ce qu’on pouvait dire lorsqu’ils étaient présents. Le pretexte du « il est dans sa bulle » ne veut pas pour autant dire « il ne comprend rien ». En tout cas merci d’avoir lu le texte et surtout d’avoir saisi l’essence de ce que je disais.


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